Fast Fashion : drame social et environnemental


Qu’est ce que la “Fast-Fashion” ? Sous ces allures de bonnes affaires et de réconfort personnel, se cache l’une des plus grosses formes d’exploitation humaine de notre temps et des conséquences désastreuses pour notre environnement. On vous explique tout ici.

La fast fashion, c'est quoi ?

Dans un monde où chacun cherche à se démarquer de par sa personnalité, de s’affirmer tel qu’il est, une industrie a bien réussi à tirer son épingle du jeu : l’industrie de la mode.

En effet, certaines enseignes ont vite compris que le consommateur cherche souvent à se démarquer, de nos jours l’acheteur a besoin de se renouveler pour se sentir moderne. C’est là qu'interviennent ces enseignes de fast fashion qui, au lieu de sortir traditionnellement une ou deux collections par an, vont produire de manière massive et intensive en proposant une collection par mois voir par semaines pour certaines..

Ce principe de fast fashion se caractérise également par une mode dite jetable, au détriment de la qualité et de la durabilité des vêtements (qui se résout à être porté en moyenne 7 fois seulement).

Une exploitation humaine moderne

L’industrie de la fast fashion à des conséquences sociales terribles : des femmes et des enfants sont surexploités, dans des conditions de travail indécentes et sont rémunérés une misère.

Les multinationales telles que Asos, Boohoo, Pretty Little Things, H&M, Zara... sous-traitent et externalisent leurs productions pour plus de rentabilité. Les pays de productions, (Chine, Bangladesh, Turquie...) ne sont pas un hasard pour ces géants de la mode, ils correspondent à des "critères stratégiques” ou la main d'œuvre y est la moins onéreuse et les réglementations en termes de pesticides, engrais, produits chimiques et droit du travail ne sont pas toujours mises en place.

Selon L’OMS, 111 millions d’enfants, dès l'âge de 6 ans, sont déscolarisés et travaillent plus de 64 heures par semaines, pour un salaire de 30€ par mois. Le pourcentage d’enfants issus des bidonvilles travaillant dans l’industries du textile serait de plus de 50%. 60 Millions de femmes travailleraient au sein de l'industrie textile dans le monde, 12 heures par jour et avec un seul jour de repos par semaine pour un salaire moyen de 1,5 centimes par pièce produite, ce qui représente 0.6% du prix du produit confectionné.

Ces femmes et ces enfants, surexploités par ces enseignes qui violent de nombreuses réglementations du droit du travail sont communément appelés “ les travailleuses invisibles”.

Et l’environnement dans tout ça ?

A l’heure actuelle ou plus de 100 Milliards de vêtements sont produits par an, ce qui représente 60% de plus qu’il y a 15 ans, la fast fashion est un crime contre l’environnement. L’industrie du textile est le troisième secteur le plus consommateur en eau dans le monde ce qui représente 4% de l’eau potable disponible derrière la production de blé et de riz. 2% des émissions de gaz à effet de serre sont également produites par le secteur du textile, ce qui représente 1.2 milliards de tonnes de gaz à effets de serre.

La principale matière première est le polyester, cela représente 70% de la production de matière première issue du pétrole, et 31% de la pollution plastique des océans, on estime à 500 000 tonnes de micro plastique reversées dans les océans.

Ensuite, le coton, l’utilisation massive de pesticides et d’engrais est alarmant, de plus, l’eau étant nécessaire en grande quantité pour la production de coton y est désastreuse, 5 000 à 10 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1kg de coton.

Pour finir les matières animales représentent une bonne partie également, que ce soit de la laine de mouton, de la fourrure de vison, ou de cuir de veau, c'est un élevage intensif qui s’accompagne d’un fort mal-être des animaux et d’une maltraitance indigne.

On estime que 4 milliards de tonnes de déchets vestimentaires sont jetés par an et ce, rien qu’en Europe. Seulement 20% sont recyclés, le reste des 80% sont jetés en décharges ou brûlés. Il est même courant que certaines entreprises jettent leurs propres productions qui sont invendues, car les invendus sont stockés, et de ce fait les loyers de ces entrepôts représentent un coût onéreux.

Exemple : la production d'un jean issu de la fast fashion

De son point de départ jusqu'à l'arrivée en boutique un jean parcourt environ 65000 km soit 1,5 fois le tour de la terre.

1. L’agriculture : la production de coton démarre généralement en Afrique de l’Ouest. Pour un jean il faut 1kg de coton, ce qui nécessite entre 5 000 et 10 000 litres d’eau, 75 grammes de pesticides et 2 kg d’engrais chimique

2. Premier voyage d’une longue série : le coton est envoyé en Inde ou il sera tissé et filé, on estime à 50 000 le nombre de jeunes filles en situation de travail forcé des les usines du sud de l’Inde

3. La teinture : le tissu est ensuite envoyé en Chine où il sera teint. 20% de la pollution d’eau douce dans le monde est due à la teinture du textile.

4. Direction le Bangladesh : le tissu est ensuite envoyé au Bangladesh ou le jean sera réalisé. Comme vu précédemment, les ouvriers (femmes et jeunes enfants) touchent 0.6% en moyenne par pièce, pour un jean à 29€, 0.18€ c'est la somme qui sera versée aux travailleurs invisibles.

5. Terminus, c'est la fin du périple : le jean sera ensuite envoyé en Europe ou il sera distribué et vendu aux victimes addictes de la fast-fashion en Europe.

Que pouvons-nous faire ?

Repenser notre manière de consommer. Un nouveau mode de consommation et de production commence à se répandre, et c’est tout naturellement qu’il s’appelle la “slow fashion". C'est une façon de consommer et de produire basée sur une volonté éthique et responsable en privilégiant :
- des circuits courts, en favorisant le made in France ou le made in Europe
- la consommation de seconde main ou upcyclé, qui permet de faire du nouveau avec de l’ancien.
- le recyclage autant que possible ces vêtement.

Tout cela est possible et nécessaire ! Il est impératif d’agir à l’heure ou les catastrophes environnementales s'enchaînent liées au trop gros nombres de facteurs polluants, à ces hommes, femmes et enfants qui sont exploités et qui ne sont pas considérés à leur juste valeur.


Laissez un commentaire


Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être affichés